Nederlandse Klompen

Un Néerlandais "fou" et les cheveux crépus

Mireille Liong

Un ami Surinamien m'a dit l'autre jour qu'il ne s'approcherait plus jamais d'un Néerlandais pour lui demander quoi que ce soit. Surprise, j'ai demandé "pourquoi pas ?"

Kroeshaar Twists

Un ami surinamien m'a dit l'autre jour qu'il ne s'approcherait plus jamais d'un Néerlandais pour lui demander quoi que ce soit. Étonnée, je lui ai demandé "pourquoi pas ?", ce à quoi il a raconté l'histoire suivante. Quand il étudiait à Boston, il s'est une fois approché d'un camarade de classe néerlandais. Il lui a demandé "Hey, tu es Néerlandais, n'est-ce pas ?" Selon moi, une question assez courante et une action normale quand on se trouve dans un pays où l'on ne rencontre pratiquement personne qui parle la même langue. Eh bien, apparemment pas pour ce jeune homme. Il a réagi très vivement en disant "Don't you ever, and I mean EVER talk Dutch to me again!" (Ne me parle plus jamais, et je dis bien JAMAIS en néerlandais, tu entends !). Mon ami a été tellement choqué qu'il a décidé d'en rester là. Bien que je puisse imaginer le choc après une telle réaction, j'ai tout de suite pensé que ce type était juste un peu fou. Fou est peut-être un mot trop fort, mais il a un problème, il me semble. Il se peut qu'il veuille se faire passer pour un Américain ou qu'il ait honte d'être Néerlandais. Qui sait ? Pourtant, cette histoire m'a fait rire. Elle m'a fait penser à un e-mail que j'avais reçu il y a quelque temps.

Dans l'e-mail, l'auteure me demandait si je pouvais expliquer la réaction "étrange" d'une de ses collègues d'origine surinamaise. Elle expliquait qu'elle était elle-même Antillaise et qu'elle connaissait bien les problèmes de cheveux crépus, mais que cela ne lui était jamais arrivé auparavant. Elle a tout simplement demandé à sa collègue à quelle fréquence elle défrisait ses cheveux. Selon moi, une question assez courante et une action normale quand on vit dans un pays où son type de cheveux est unique. Mais apparemment pas pour cette dame. Aïe aïe aïe, oh oh oh, elle n'aurait jamais dû poser cette question. Cette collègue "folle" a réagi assez vexée, je pense au moins aussi vivement que le jeune homme mentionné ci-dessus, "Comment peux-tu me poser une telle question ? Comme ça, devant d'autres (blancs ?) personnes.

Tout comme dans le cas du jeune homme mentionné ci-dessus, je soupçonne fortement que cette collègue faisait tout son possible pour nier littéralement ses "racines". Que vous soyez néerlandais de naissance ou que vous ayez des cheveux naturellement crépus, vous ne pouvez changer ni l'un ni l'autre. Vous pouvez appliquer chaque jour une crème défrisante brûlante sur votre tête pour lisser vos cheveux et cacher les boucles naturelles, elles reviendront. Vous pouvez parler américain du jour au lendemain et même changer de nom pour renier vos origines, mais cela fera toujours partie de vous.

Il me semble très triste d'être si profondément malheureux avec une partie de soi qui est inextricablement liée. Au début, j'ai donc été attristé par la réaction de la collègue susmentionnée avec ses cheveux "camouflage", mais après l'histoire de ce Néerlandais, j'ai pu la replacer dans son contexte et même voir l'humour des deux cas. Chacun a ses petits trucs et on peut les prendre aussi sérieusement ou aussi légèrement qu'on le souhaite. Je suis heureuse de mes cheveux crépus et de mes origines surinamiennes. Mais ne vous y trompez pas : "Chaque fou a sa folie."

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés.

Ce site est protégé par hCaptcha, et la Politique de confidentialité et les Conditions de service de hCaptcha s’appliquent.