Il est difficile de dire laquelle de ses chansons est la plus belle. "Adjossie", la chanson qui parle d'un adieu douloureux, touche une corde sensible tandis que "Katibo Negre" évoque chez moi des images colorées du Suriname tropical, de femmes dansantes vêtues de magnifiques pangis, traditionnels ou non.

Max Nijman
C'est la musique de ma jeunesse. Je connaissais par cœur Farawe et Ai Sranan, et ce skratie, ce skratie d'Ine Miene Mutte, boi, je ne peux même pas rester immobile quand je l'entends.
Elle touche mon âme surinamaise. Je reconnais ce rythme même dans la musique contemporaine et mon corps se met toujours spontanément en mouvement. Maintenant que je réécoute la musique de Max, je comprends où les bases ont été posées.
Mon père, mélomane, qui jouait lui-même autrefois du Sek Seki dans un groupe, possédait tous les albums de Max Nijman.
Presque tous les après-midi, j'étais assis à côté de la platine, le disque en main, chantant les paroles pendant que le vinyle jouait. Il fallait faire attention en dansant car l'aiguille pouvait sauter et rayer le disque si l'on tapait trop fort sur le plancher en bois de notre maison Bruynzeel.
Quand j'ai vu la nouvelle passer, j'ai d'abord été triste. Des articles de journaux sur ce grand artiste ont été spontanément partagés via les médias sociaux. Sur Facebook, ses chansons les plus jouées défilaient. Tous les médias connus ont partagé son histoire et, lentement mais sûrement, ma tristesse s'est transformée en gratitude et en joie.
Le fils de Moengo n'était pas seulement aimé, il avait même été anobli à l'Ordre honoraire de l'Étoile jaune. Grâce à sa musique, Max Nijman continuera de vivre comme l'un des fondateurs de la musique Kaseko du Suriname.
Pour sa contribution, je lui suis reconnaissant, comme tant d'autres Surinamiens. Ses chansons me procureront toujours des émotions et ce skratie me donnera toujours envie de danser, partout et tout le temps.
Jorgen Raymann & Sylvana Simons présenteront aujourd'hui, lundi 25 janvier, l'hommage à Max Nijman. Dans le temple de la pop de la capitale, le Paradiso, à partir de 20h00, l'hommage musical sera animé par de nombreux vocalistes tels que Denice Jannah, Oscar Harris, Ed Rust, Patrick Tevreden, accompagnés par Trafassi. Le concert est en entrée libre. Les visiteurs sont priés, en raison de l'affluence énorme sur et autour de la Leidseplein, d'utiliser autant que possible les transports en commun. L'accès est à 19h00. Cette cérémonie d'adieu durera jusqu'à 23h00.
Le Parrain de la chanson surinamaise sera accompagné avec les honneurs d'État à sa dernière demeure le samedi 30 janvier au Suriname.
Grantangi Monsieur Max Nijman.
Grâce à Roy Ristie qui a posté l'annonce du concert sur Facebook.

